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ROGER RACHIDY TUMBULA SORT DE SON LONG SILENCE SUR L’INSÉCURITÉ RÉCURRENTE À L’EST : « Nous sommes dans une logique de la récupération d’une partie des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri afin de l’annexer à un pays qui considère que le partage de l’Afrique en 1885 était en sa défaveur »

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JEUDI 2 AVRIL 2020. Après plusieurs rendez-vous manqués, je trouve le temps de me rendre au bureau privé de l’ancien Maire de Goma Roger Rachidy Tumbula situé dans l’enceinte de son école.

Patriote et homme de conviction, qui n’a jamais eu peur de donner sa position sur la question de la nationalité, il a accepté, pour la première fois, à en parler de vive voix à l’éditeur du Bimensuel Jonction dans cette longue interview.

Fils de Rachidy et de Tabana, Roger Rachidy Tumbula est né à Goma en juin 1956. Il a fait des études scientifiques. À l’université, il a fait la polytechnique et les statistiques. C’est un ingénieur en statistiques de l’université de Lubumbashi depuis 1981.

Revenu à Goma après ses études universitaires, il a commencé comme tout le monde à donner cours dans des institutions d’enseignement secondaire avant de devenir chef de service à la FAO. Il a travaillé pendant deux ans au projet d’élevage du Nord-Kivu.

En 1990, il a participé à la Conférence Nationale Souveraine comme l’un des membres influents de la société civile du Nord-Kivu.

C’est après la Conférence Nationale Souveraine qu’il a débuté sa carrière politique en qualité de conseiller dans plusieurs ministères notamment avec Nyamwisi Muvingi, Kaseso et Ndudi-Ndudi.

De 1992 à 1993, il a exercé les fonctions de conseiller politique du Maréchal Mobutu Sese Seko à la présidence de la république.

Roger Rachidy Tumbula a été également un cadre du Rassemblement Congolais pour la Démocratie.

Comment s’est passé la rencontre avec Mobutu.

 Le président Mobutu est venu à Goma avec l’option de donner globalement le certificat de la nationalité après les tentatives ratées de 1972 et de 1981 de Bisengimana. Ayant constaté qu’il y avait une grosse contestation au niveau de la conférence nationale, il est venu soi-disant pour consulter les gens et donner globalement la nationalité aux rwandophones. Toutes les communautés du Nord-Kivu étaient contre. J’ai eu le courage de lui dire que cette approche était suicidaire par rapport à lui-même, parce que  du point de vue de la valeur de la Loi, celle-ci est impersonnelle et générale. En voulant donner la nationalité à une catégorie des gens, c’est-à-dire des rwandophones, la loi commençait à être personnalisée, et que du point de vue de la valeur de la loi, elle ne pouvait pas avoir de la valeur. C’est une loi qui a été fabriquée par Bisengimana en 1972. Elle a été abrogée par l’Assemblée nationale en 1981. La Loi de 1981 qui confirmait la constitution de Luluabourg disait qu’est congolais toute personne qui est issue d’une tribu ayant existait en République Démocratique du Congo avant le 1er août 1885. Ce qui a été confirmé à la Conférence Nationale souveraine mais le président Mobutu a voulu donner globalement la nationalité aux rwandophones soi-disant pour la paix. Alors, je l’en ai dissuadé devant plusieurs témoins notamment tous les notables du Nord-Kivu. En tout cas, personne ne peut prétendre qu’elle n’était pas là. Je lui ai donné une explication extraordinaire et il a adhéré à cette explication. Il m’a pris pour aller avec lui à la Conférence Nationale Souveraine. Je vous garantis que parmi les choses que j’avais réussi à faire, il est mort sans signer cette ordonnance de donner globalement la nationalité aux rwandophones. En fait, c’est Joseph Kabila Kabange qui a donné la nationalité donnée aux rwandophones en 2006 lors du referendum. La population doit se renseigner et être fixée par rapport à la stratification des problèmes et des solutions données à ces problèmes.

Quelle a été votre réaction quand Kabila l’a fait ?

En fait, ils ont joué aux malins. Lors du referendum de 2006, ils ont dit aux gens si vous votez oui, ce que vous votez pour la paix, et si vous votez non, vous votez pour la guerre. La population ne comprenant presque rien, a adhéré pour la paix, mais est-il que l’article 10 de la Constitution est révisable, donc nous allons avoir le temps d’expliquer et nous allons démontrer qu’en fait le groupe Ruberwa et tout le monde, nous a fait voir qu’en donnant la nationalité globalement aux rwandophones, on aurait la paix, mais je crois que depuis 2006 jusqu’aujourd’hui, je ne sais pas si la paix est là.

Quelles sont les  conséquences, selon vous ?

Les conséquences sont dramatiques d’ailleurs on a eu la guerre en 2008, en 2012, en 2014, en 2015,… donc la guerre a continué jusqu’aujourd’hui. Et nous sommes dans une logique identique, et que cette logique là tient à récupérer une partie des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri afin de l’annexer à un pays qui considère que le partage de l’Afrique en 1885 était en sa défaveur.

Comment comptez-vous mener une campagne de sensibilisation pour que vos frères et sœurs puissent comprendre ce danger

Les Congolais comprennent facilement. À part que les dirigeants les mentent. Si je passe aux émissions sur les radios locales ou aux autres médias ne fut ce que pendant deux heures, ça suffira pour montrer aux gens qu’au lieu de voter la paix en 2006, on a plutôt voter pour la guerre, parce que c’est depuis cette époque-là, si vous vous rappelez, qu’il y a des kidnappings, il y a des groupes armés, …Autant que la situation du Congo est dans un état de déliquescence très avancé où personne n’a le pouvoir en fait, personne ne contrôle quoi que ce soit

Qui vous accompagne dans cette démarche ?

Bon, l’intelligence

De qui ?

La mienne et celle beaucoup de congolais qui me suivent.

Et quelle est la perception de vos frères et sœurs du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sur ce problème ?

Je ne voudrais pas aller dans une direction de campagne électorale basée sur ça, puisqu’ici au Nord-Kivu, il suffit de dire qu’on est dans la logique de la rwandophonie pour avoir beaucoup de difficultés même dans l’électorat. En dehors de quelques amis rwandophones de Masisi et un peu de Nyiragongo, les gens de Rutshuru sont avec nous. Les gens de Rutshuru sont des congolais comme nous, et eux ils n’adhérent pas à leur thèse là. Je précise que quelqu’un comme Rwakabuba par exemple, Rwakabuba a été élu dans le Kivu à plus de 80 %, alors qu’il est rwandophone, donc pour dire qu’il n’y avait pas de haine contre des groupes ethniques, non, non. Je ne voudrais pas qu’on présente ça de cette façon là. Entre 1900 et 1910, l’autorité coloniale avait dit qu’on était entrain de faire ce qu’on appelait le tracé des frontières est. Et, qu’il a dit que celui qui veut être au Rwanda, il n’avait qu’à partir, et celui qui voulait rester au Congo, pouvait rester. En tout cas beaucoup de mes frères de Rutshuru sont restés au Congo et ils sont congolais comme toi, moi et tout le monde. Par contre, les rwandophones de Masisi et de Nyiragongo, sont arrivés après les années 34, comme main d’œuvre. À l’époque, on les appelait les transplantés. La transplantation est un terme botanique qui tient à ce qu’on a pris une plante avec les racines, qu’on a déterré pour l’amener quelque part ailleurs. Je crois que c’est du français et qu’on ne peut pas se tromper là-dessus. Les gens de Rutshuru n’ont jamais été appelés des transplantés, mais les gens de Masisi se font appeler transplantés, et c’est vrai, à l’époque de la transplantation, et à la Mairie ici, c’est ici qu’on les transcoder M.I.B., Mission d’Immigration Banyarwanda. Et si vous arrivez à la Mairie, quand j’avais reçu le financement pour qu’on reconstruise le bâtiment, j’ai dit que c’était un bâtiment historique, il fallait que ça reste, on pouvait construire tout autour puisqu’il y a de l’espace, mais qu’on laisse ce bâtiment parce que c’est un bâtiment symbolique.

Alors pourquoi selon les rwandophones de Masisi et ceux de Nyiragongo adhérent à la démarche du Rwanda ?

Bon, c’est-à-dire il y a des jeunes gens qui ne comprennent pas, qui sont nés longtemps après, alors ces jeunes gens sont arrivés à adhérer à une idéologie du type « siye banyarwanda bana tuchokiya », en disant des vocabulaires comme ça, alors n’importe quel locuteur de kinyarwanda considère qu’il est dans l’autre sac, il dit, quelque soit ce que vous pouvez être, personne ne vous aimera. Non, ce n’est pas vrai. Rwakabuba est là, Mutiri est ici, le professeur Sekimonyo est là, et tous les autres sont là, mais le professeur Sekimonyo, vous n’allez pas quand même lui dire un jour qu’il est rwandais, il n’acceptera pas, le professeur Nyabirungu non plus, donc, je crois que c’est un groupe des jeunes qui ne comprennent presque rien et qui sont dans une idéologie pédantiste  organisée par le Rwanda mais quand ils arrivent là bas on les maltraite, je ne sais pas s’ils ne comprennent pas ça. J’ai un livre dans lequel il y a une page où Kagame a écrit : « ce que je regrette dans ma vie, c’est de ne pouvoir pas exterminer les millions d’hutu qui ont réussi à traverser la frontière pour aller de l’autre coté ». C’est un livre écrit en 2004 de Pierre Payant. Ce que je crois c’est quoi, quelqu’un peut être migrant, moi je suis mukusu de Walikale. Les bakusu ont comme origine la province du Maniema, mais moi j’arrive à Walikale, je considère que tout mes intérêts et toutes les forces et ce que je peux avoir dans la politique, c’est dans le Nord-Kivu, je ne peux pas être au Nord-Kivu et entrain de me battre pour le Maniema ! Les amis doivent comprendre qu’ils ont opté pour le Nord-Kivu, ils doivent rester au Nord-Kivu, et ne plus continuer à penser au Rwanda surtout qu’ils sont maintenant acceptés. Je pense que leur intérêt se trouve au Kivu mais pas au Rwanda. Le Rwanda est pour les Rwandais, qu’ils restent là-bas.

Vous arrive-t-il de discuter avec eux sur ça ?

Oui, absolument, et il y a des gens intelligents qui acceptent un débat là-dessus comme le professeur Segihobe. Segihobe adhère facilement à ce genre de choses, et d’ailleurs ça lui vaut énormément d’animosité dans sa communauté, parce que c’est quelqu’un de rigoureusement intelligent, bon, l’avantage pour lui, ce qu’il a eu à étudier en Europe, et qu’il n’a pas de pesanteur idéologico-négativiste des autres. 

Vous croyez que cette tentative du Rwanda d’occuper une partie des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri pourra aboutir un jour ?

Je ne suis pas capable de croire, parce que tout ce que nous pouvons faire, ce qu’un matin le Rwanda sera annexé au Congo.

Comment et pourquoi ?

C’est-à-dire qu’à un moment donné si le désordre continue, le Congo dans sa grandeur, va essayer d’aller au Rwanda comme on l’a fait avec le Koweït, etc. Et on va prendre l’essentiel des idéologues là-bas qu’on va intégrer chez nous, parce qu’en fait chez eux, il y a les gens qui se trompent souvent comme pasteur Bizimungu qui avait dit à un moment donné quand la rébellion des Banyamulenge avait commencé: « il est temps qu’on revoie Berlin ». D’après lui, Berlin s’est trompé, revoir c’est-à-dire changer les limites frontalières…Il a dit aussi : »si on chasse les Banyamulenge, qu’on les chasse avec leur terre », pourtant les Banyamulenge n’ont pas de terre au Congo, ça c’est clair, moi je crois que tout le combat que mon ami Azarias Ruberwa mène depuis le RCD [ancien mouvement politico-militaire],c’est de donner un territoire aux Banyamulenge, « le territoire de Mulenge » dans le Sud-Kivu, qui n’a jamais existé en fait, c’est une terre où on les a accueilli comme nomades, comme éleveurs, et que personne n’est prêt à céder quoi que ce soit, il a commencé à faire ce combat pour le Mulenge et pour le Bunyakiri, tous nous étions là, on a combattu ça jusqu’à la dernière énergie, et aujourd’hui il ne parviendra pas à atteindre son objectif.

Qu’est ce qui explique l’attitude regrettable du gouvernement central qui ne prend pas au sérieux ce cas que vous venez de soulever ?

Nous avons quand même un problème de l’ancien président Joseph Kabila Kabange qui a son idéologie, moi je ne peux pas qualifier ça, mais au moins tout le monde connaît. Il était pratiquement à l’origine de l’ascension du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Et que donc, tout en étant entrain de monter, il doit se rappeler des pesanteurs qui l’ont amené au pouvoir, et parmi les pesanteurs, il y a non offense au Rwanda, c’est comme ça qu’il se promène, il va là bas, mais est-il que beaucoup d’autorités congolaises n’arrivent pas à se démarquer du Rwanda, bon je ne sais pas pour quelles raisons, moi j’ai été Maire de la ville de Goma, j’ai eu beaucoup d’amis au Rwanda mais à plusieurs reprises on a eu à échanger et avec un ami sérieux on se dit la vérité, mais pourquoi les congolais ont peur de dire la vérité aux rwandais ? parce que moi je dis Dieu nous a créé tous peut-être de la même manière mais Dieu a mis énormément des richesses en République Démocratique du Congo, et très peu si pas rien comme richesses au Rwanda, mais il a mis un peu d’ordre dans leur système nerveux qu’il n’a pas donné aux congolais, mais pourquoi ne pas mettre ensemble ce genre des données pour l’intérêt correctement compris de nos peuples? Est-ce que vous me comprenez ? Donc les gens devaient se dire ce genre des vérités parce que Kagame a beau dire mais il n’a pas des richesses chez lui, les richesses c’est chez nous, mais nous on n’a pas assez d’intelligence parce qu’on dit bon nous avons des richesses mais nous sommes pauvres, comment le Rwanda peut avoir un budget d’au moins 2 milliards et nous à peine 5 milliards ? Est-ce que c’est normal. Un pays qui vit de nous comme des chiques, donc je pense que ce qui nous manque, c’est un peu d’ordre, et les gens qui ont de l’ordre dans le cerveau existent mais ils ne sont pas approchés par le pouvoir simplement,

Alors quel message pouvez-vous envoyé au président de la république Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour se démarquer quand même de cette idéologie ?

Le Président Tshisekedi Tshilombo doit savoir qu’en disant la vérité à son collègue Paul Kagame, il ne va pas le tuer. Qu’il lui dise la vérité mais qu’il se rappelle simplement que quand vous avez un frère à coté de vous qui ne mange pas et vous vous mangez, essayez de l’associer à votre table, et Kagame ne va pas être mécontent de venir manger avec les congolais en protégeant les intérêts des congolais, mais si nous ne voulons pas donner à manger aux rwandais, ils vont prendre de force, vous avez entendu même les Tchadiens dire : « si vous ne nous donner pas de l’eau, nous allons prendre de force ». Donc c’est pour dire qu’eux ils sont entre la vie et la mort, que donc si nous ne sommes pas capables de comprendre ça correctement, en tout cas ils vont venir comme ils l’ont fait depuis 1996

Quel message vous pouvez envoyé en direction de certains pays occidentaux qui soutiendraient le Rwanda dans cette volonté d’occuper un jour une partie des terres congolaises ?

Beaucoup d’occidentaux ne sont pas suffisamment intelligents parce qu’ils n’ont pas eu le temps de bien comprendre cette idéologie du Rwanda. Leur option, c’est de dire les nilotiques sont comme les blancs en Afrique, etc…et on les malmène, génocide, …bref, ils se fondent sur la logique de génocide qu’ils sont entrain d’utiliser et au Moyen-Orient avec Israël, Israël est entrain de tuer les palestiniens et personne ne bouge, bon, ici, c’est la même chose, personne ne bouge, et que donc avec la pesanteur génocide, nous ne serons pas capables de convaincre les Occidentaux, ils auront toujours vis-à-vis du Rwanda le sentiment de pitié, mais nous, nous devons développer des attitudes positives à nos frères rwandais parce qu’ils seront toujours là, ils ne partiront jamais, mais on doit leur dire que développer des attitudes négatives par rapport à nous, eux et nous , nous allons tous mourir comme des idiots

Justement en parlant de la mort, vous ne pensez pas que la réaction, si jamais cela arrivait à être concrétiser un jour, des autochtones des contrées convoitées par le Rwanda ne sera pas à leur avantage avec risque d’aller au-delà du génocide ?

Ils le savent bien,

Et s’ils le savent pourquoi ils s’entêtent ?

Ils s’entêtent parce qu’ils ont l’appui de la communauté internationale. Vous savez qu’aujourd’hui on a tué énormément des gens à Beni. Avez-vous entendu l’émotion de la communauté internationale ? mais si on tue deux tutsi ici, c’est toute la communauté internationale qui est agitée, bon, nous comprenons ce que cela veut dire. Ce que nous devons dire c’est de ne pas regarder ce que les autres pensent de nous, c’est ce que nous-mêmes nous devons penser par rapport à nous, parce que moi je disais aux gens, le Rwanda, ce n’est pas leur faute, parce que le Congo et le Rwanda ne se sont jamais partagés leur avenir, ce sont les belges et les allemands qui ont tracé les limites entre nos deux pays que nous avons reconstitué d’ailleurs avec le professeur Kuyandila, nous avons reconstitué ces limites frontalières justement parce qu’au Rwanda on enseignait que leurs limites vont jusqu’à Walikale, et ça c’est du à quoi, c’est du à la bêtise qu’on a fabriqué au niveau des accords de Lemera où on a dit on met les pointes du compas à Goma, et 300 kilomètres à l’intérieur du Congo devraient revenir au Rwanda, ce n’est pas croyable, bon, le Président Kabila père avait fait ça puisque son problème c’était d’accéder au pouvoir, et qu’une fois au pouvoir il allait faire volte-face, c’est ce qu’il a fait mais malheureusement il ne connaissait pas ses partenaires qui l’ont zigouillé très vite, la suite, tout le monde comprend mais aujourd’hui personne ne parle mais moi je dis si avancer c’est mourir et reculer c’est mourir, mieux vaut mourir en avançant, et ça je le dis à tous mes frères

Quelle lecture faites vous de l’inaction de ceux qui prétendent être les leaders du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sur cette situation qui provoque mort d’hommes depuis de nombreuses années ?

Beaucoup de leaders de chez nous ne comprennent pas grand-chose et qu’à l’arrivée de Joseph Kabila Kabange au pouvoir, beaucoup de gens se sont recroquevillés, bon ils ont compris que le combat était inutile, non, le combat est toujours utile, il suffit d’y croire, si je crois à un combat quelconque quelque part, je peux mourir, mais il y a beaucoup de gens qui auront cru à moi qui vont suivre, ce n’est pas ça la question, donc je pense que nous devons être capables de dire à nos frères qu’ils sont nos frères, moi ce que je n’aime pas  c’est d’animer des attitudes de haine contre les rwandais, il suffit de se mettre ensemble pour dire  » mes frères, notre avenir est convergent, et que notre avenir dépend du votre et le votre dépend du notre, et que nous avons intérêt à travailler ensemble pour aller de l’avant, et ils sont intelligents ils vont comprendre.  

En conclusion ?

Je dis simplement qu’on ne crache jamais au dessus du visage, la salive finit par vous tomber sur votre visage, et nos frères du Rwanda ont intérêt à nous aimer aussi et ne pas considérer éternellement que les congolais soient les bichuchu, les bichuchu ce n’est pas nous, les bichuchu c’est relativement eux-aussi.

© Jonction online avril 2020

Interview réalisée par Raphaël KIWONGI MATONDO

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