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S.O.S DE VALERY TSHIMPAKA SUR LA SOMIKIVU : Tshisekedi Tshilombo interpellé

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Quelque part aux pieds du Mont Mitumba et de la chaîne des Volcans Virunga, dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, une véritable perle se niche là, et recèle dans son sous-sol, la plus grande réserve de pyrochlore du monde dans une localité qui porte le charmant nom de Lueche. Sa mine possède une réserve estimée à 33 millions de tonnes, et peut produire 1200 tonnes de Pentoxyde de Niobium [Nb205] par an.

Or, quel est le problème ? La société SOMIKIVU [Société Minière du Kivu] fut créée en 1982, et avait commencé à produire du pyrochlore, deux ans plus tard, soit en 1984. Lueche se trouve à plus ou moins 165 km de la ville de Goma. La production du Niobium s’est poursuivie jusqu’en juillet 1993. La guerre vint interrompre les activités. Une reprise des activités intervint en 2000, pour à nouveau s’arrêter en 2004. Un partenariat avec le groupe CONRUS SPRL va permettre à la SOMIKIVU de reprendre ses activités en 2008, mais fut contrainte de s’arrêter suite à la guerre du CNDP.

À la création de la SOMIKIVU, la GESELLSCHAFT FUR ELEKTROMETALLURGIE MBH [GFE] possédait 70 % des parts sociales, la République Démocratique du Congo avait 20 %, la SOMINKI avait 9,97 % et MM.KARL-HEINZ ALBERS, OLAF B.KRAUS et MICHAEL FINN, une action chacun, soit 0,03. Avec le temps, la SOMINKI avait absorbé les 3 parts symboliques octroyés aux gestionnaires lors de la création de la SOMIKIVU pour avoir 7 actionnaires selon le prescrit légal dans une SA, et arriva ainsi à 10%.

En 1996, il fut désigné un comité de liquidation de la SOMIKIVU, mais par rapport aux activités, à cause de l’insécurité avec la naissance du M23 qui avait succédé au CNDP de Laurent Nkunda Mihigo, la société était de nouveau à l’arrêt.

À l’Assemblée générale de 2014 des associés, tenus à Kinshasa, les parts sociales furent reparties comme suit : Gouvernement congolais : 30% ; les russes de KZFet les Allemands d’AMG : 70%. Il fut donc décidé de reprendre la production. Pour ce faire, les russes et les allemands avaient exigé du Gouvernement de proroger le permis d’exploitation qui devait expirer au 30 avril 2017.

Rien ne fut fait du fait d’un désaccord avec les russes qui n’avaient pas respecté certaines obligations avec le Gouvernement, dans une transaction de récupération des parts allemandes, ceux-ci étant restés inactifs durant 20 ans.

Depuis 2014, les démarches auprès du ministère des mines demeurèrent lettre morte.

Il est important de savoir que l’importance du pyrochlore tient au fait que ce concentré de Niobium produit à Lueche a une teneur de 65 %, connu sous la dénomination de pentoxyde de niobium [Ta205].

Le pyrochlore, particulièrement celui de Lueche est plus utilisé dans les alliages de fer leur conférant ainsi la corrosivité. Il intervient également dans l’aérospatial [construction des capsules spatiales], et dans la fabrication des pipe-lines suite à des propriétés de résistance aux hautes températures.

Selon Valery Tshimpaka, les débouchés pour le pyrochlore de Lueche sont tournés vers la Russie et le Kazhasthan, pourquoi  pas se tourner vers les USA et/ou la Chine.

Toujours selon Valery Tshimpaka, la démarche à suivre pour la relance de la production passe premièrement par l’acquisition d’un nouveau permis d’exploitation, l’autre ayant expiré depuis fin avril 2017. En ce qui concerne les apports financiers, il propose un montant de 50 millions de dollars américains d’investissement pour reprendre l’acquisition du permis d’exploitation, le passif de la SOMIKIVU, ainsi que l’extension de l’usine en vue d’augmenter la production en la doublant littéralement.

Selon lui, la première option consisterait à la relance des activités avec l’apport d’un consortium [Anglais, Australiens, Suisses et Sud-Africains].

Une deuxième option serait de jouer sur l’hypothèque du permis d’exploitation, dans ce cas, les actionnaires principaux seraient des congolais en partenariat avec le Gouvernement, l’accompagnement de ce dernier par rapport au permis étant capital.

En ce qui concerne le contentieux avec les travailleurs et cadres de la SOMIKIVU, il propose que celui qui va reprendre le permis d’exploitation, endosse aussi la totalité du passif de la SOMIKIVU. Tous les intéressés, selon lui, seraient d’accord sur ce point particulier.

Pour rappel, sur le plan social, la SOMIKIVU employait 300 travailleurs permanents et plus de 500 journaliers. À l’avenir, elle pourrait doubler ces effectifs, ceci étant important pour réduire le chômage dans le Bwito, une zone où pullulent des forces négatives, principalement à cause du chômage justement.

En activité, elle avait doté le secteur d’une école de 600 élèves, d’un dispensaire de 25 lits et d’un laboratoire. Pendant un temps, précise-t-il, elle avait continué à payer des salaires dits transitoires avec les impôts et taxes y afférents, malgré qu’elle n’était plus en activité.

L’alerte, ajoute-t-il, ce que tous les travailleurs sont sans revenus ; l’école va fermer et le centre de santé aussi. Or, une fois en activité, elle ferait face à toutes ses obligations légales vis-à-vis de l’État.

Les réserves seraient de 80 ans d’exploitation à raison de 100 MT mensuellement avec l’usine pilote existante. En prévision du triplement de la production, on passerait de 1000, on passerait de 100 MT à 300 MT de Nb205 [Pentoxyde de Niobium].

Voilà donc le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo interpellé dans une affaire où le social et l’économie d’un coin du pays sont concernés. En effet, selon Valery Tshimpaka, le Gouvernement devrait créer une nouvelle société à laquelle le permis d’exploitation serait octroyé et dans laquelle l’État détiendrait la totalité des parts. L’État pourrait ouvrir ainsi son capital à tout investisseur sérieux qui apportera des ressources financières dans les meilleurs délais, et permettre la reprise rapide des activités, car tous les travailleurs sont en chômage et n’ont plus de revenus, et les jeunes gens à la merci des recruteurs des groupes armés, locaux et étrangers. Hamici Poyo Kibebya Pascal

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