JOURNAL EN LIGNE

Rutshuru,des ténèbres à la lumière

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Dans la vie,il y a des choses que l’on peut entendre,il y a aussi celles qu’il vaut mieux voir de visu. C’est le cas de ce qui s’est passé depuis quelques années dans le territoire de Rutshuru. Il y a d’abord un nom qui est sur toutes les lèvres sans exception : Demerode. Homme précieux,sans doute providentiel. Cet homme donc est le grand patron du parc national des Virunga,l’un de nos joyaux nationaux,figurant dans les patrimoines mondiaux de l’humanité,pour nos compatriotes de Rutshuru,tout simplement l’une des grandes merveilles du monde.
Ce joyau, à l’issue de nombreuses guerres,se mourait de sa triste mort,au grand désenchantement des nostalgiques d’un lieu féerique qui se perdait à jamais.
Après avoir inventorié blés maux qui rongeaient la merveille,il fallait donc passer à l’action, étape par étape. Un par de cette nature,c’est la faune et la flore. Disons,sans en être spécialiste,que la flore,c’est l’habitat,et la faune,l’habitant. Pour préserver l’une,il faut préserver l’autre,en clair,les deux se tiennent,l’une dépendant de l’autre et vice versa. Or,donc,pour préserver l’habitat, c’est-à-dire le parc tel que nous le voyons matériellement,il faut,en premier, en protéger les arbres. Ces arbres,c’est le bois de chauffe,le bois d’œuvre,le charbon de bois et Tutti quanti. Mais la bataille la plus féroce se situe au niveau de l’énergie,cette énergie qui nous permet de bouillir notre eau,de cuire nos aliments. Gagner cette bataille-là, équivaut à se frayer le chemin de la victoire finale. Car,cette bataille a pour objectif de réduire la pression,tel un ballon de baudruche,la terrible pression des haches et des machettes sur la flore du parc,donc sur le bois. Attention,nous n’avons pas écrit que c’était de la petite besogne,loin s’en faut. Mais le plan,telle une stratégie d’un grand général au front,en fut scellé.
Et Virunga Energie,vint avec l’un de ses petits mignons à chouchouter qui n’est autre que le barrage et la centrale hydroélectrique de Matebe. Un nom,hier fief des rebelles, aujourd’hui,aussi célèbre que celui de Demerode, soi-même. Matebe,c’est 12,5 mégawatts. Rutshuru,il est vrai, grossit chaque jour qui passe. Cela peut se traduire par des dizaines de camions chargés de sacs de braises chaque jour. Oh non : ils n’ont pas disparu, mais,ils diminuent,et ils diminueront encore. Car,l’être humain, où qu’il soit sur la terre,aime prendre ses aises. Et,le courant électrique sert à cela. Cela commence par l’ampoule électrique,puis la cuisinière électrique,la tondeuse électrique,la machine à laver électrique,le fer à repasser électrique,la presse fruit domestique semi industriel électrique ou industrielle électrique,la télé bien sûr,j’en ai vu des dizaines transportés sur des motos pour Rutshuru et Kiwanja et même ailleurs,comme à Figari, superbement éclairé la nuit,en attendant d’autres centres de Rutshuru,hier encore plongés dans le noir, aujourd’hui resplendissant de lumière dès 18 heures,quel bonheur,bref,tous les marchés basés sur le dieu électricité sont désormais à Rutshuru.
Désormais,le centre de Rutshuru,et celui de la grande cité de Kiwanja,c’est lumière à fond,et la nuit éclairée. C’est,la voirie éclairée,et les nids de poules sont clairement visibles,ce qui permet aux automobilistes de protéger leurs amortisseurs …Mais surtout, demain,et après demain,c’est l’industrialisation, en commençant par la petite, de Rutshuru avec l’agro-industrie, c’est sans doute l’un des rêves préférés de Demerode,il le mérite pour protéger ses visiteurs,selfie en prime. Ah,bravo l’artiste. Pascal HAMICI 

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